Editorial

Genre & Jeunesse : un chantier permanent, des pratiques à construire collectivement

Consacré à la thématique « Genre & Jeunesse », ce numéro de la Revue [petite] enfance couvre un large spectre d’âges, allant de la petite enfance à l’adolescence, afin d’offrir une compréhension continue des processus de socialisation genrée. Il revient sur certains fondamentaux de cette socialisation, ainsi que sur les outils à disposition des professionnel·lexs et des institutions pour dépasser les stéréotypes et développer des pratiques égalitaires. Ce numéro aborde également des aspects moins discutés dans le champ de la petite enfance en ouvrant le questionnement sur les identités de genre et les orientations affectives et/ou sexuelles pour sortir d’un certain binarisme (femme-homme, fille-garçon) dans les réflexions. Il mobilise une perspective intersectionnelle attentive non seulement au genre, mais aussi à son imbrication avec d’autres caractéristiques sociales, par exemple la classe sociale ou l’âge, ou encore en donnant à lire la parole des enfants et des jeunes sur cette thématique. Ce numéro met de surcroît en lumière le rôle essentiel des professionnel·lexs de la petite enfance et de la jeunesse, en tenant compte des spécificités de leur métier, un secteur largement féminisé, confronté à un manque de reconnaissance chronique, tant du point de vue matériel que symbolique.

A nos yeux, les objectifs d’un tel numéro sont (au moins) doubles : insister sur le fait que cette thématique est d’actualité, et qu’elle est particulièrement complexe.

Premièrement, il s’agit de nous positionner explicitement contre un discours qui ferait du genre une question dépassée ou un problème résolu. Si certaines pratiques et offres se sont transformées avec le temps (comme le développement d’une littérature jeunesse non stéréotypée ou une pratique de plus en plus importante par les filles/femmes d’activités sportives construites comme masculines), les inégalités sexuées et les rapports de pouvoir sont loin d’avoir disparu : ils se (re)produisent et se (re)configurent en continu. Les espaces dédiés à la petite enfance sont au cœur de cette thématique, car la construction de l’identité commence dès le plus jeune âge. Les enfants sont particulièrement perméables aux normes sociales, allant jusqu’à manifester une certaine « rigidité dans la conformité aux stéréotypes » (Granié, 2010). De plus, l’enfance et la jeunesse représentent un terrain de luttes très vives entre les personnes qui assument l’éducation des enfants (que ce soit dans le cadre professionnel ou privé), sans parler des expert·exs. Les médias se font d’ailleurs le relais de ces luttes et débats (par exemple sur l’éducation sexuelle à l’école). La contribution, dans le présent numéro, de nos collègues du Québec, Amélie Charbonneau et al., revient sur les fortes résistances qui se manifestent lorsque sont proposés des outils ou pratiques visant à déconstruire les stéréotypes et à ouvrir les perspectives, comme des lectures de contes pour enfants par des drag-queens. Ces résistances vis-à-vis de la thématique du genre et de l’inclusion se trouvent également en Suisse.

Deuxièmement, il s’agit de donner à voir et à penser la complexité de cette thématique. Comment élever les enfants dans des normes plus égalitaires et inclusives ? Comment ne pas les enfermer dans un modèle de féminité/masculinité pour les laisser expérimenter d’autres possibles ? Comment ne pas reproduire, dans nos pratiques et discours d’adultes, les normes et rôles de genre qui seront repris comme modèles par les enfants et les jeunes ? Comment réagir face à des propos stéréotypés, voire excluants, tenus par de jeunes enfants, sans les rejeter ni les culpabiliser ? Réfléchir aux questions de genre ne se réduit jamais à appliquer des recettes toutes faites, mais implique au contraire de mobiliser une lecture critique d’une part et une posture réflexive d’autre part. La difficulté est de taille ici, car il s’agit de remettre en question « l’évidence du naturel et le naturel de l’évidence » (Blöss, 2001, p. 2). Pour donner à voir cette complexité, nous avons cherché à varier les points de vue, sollicitant à la fois des chercheurs·eusexs, des professionnel·lexs et des enfants (ou des jeunes) sur la thématique du genre et de la jeunesse. Cette combinaison des savoirs académiques, professionnels et d’expérience permet de favoriser une compréhension plus fine de l’imbrication des enjeux.

Le genre : un terrain de luttes continuelles

Aujourd’hui les enjeux d’égalité, de genre et d’inclusion ont enfin trouvé une place dans l’agenda médiatique, politique et sociétal grâce aux luttes et mobilisations. De récents résultats d’enquêtes en Suisse et ailleurs viennent toutefois nuancer un a priori optimiste d’une « évolution » générationnelle vers des représentations plus favorables et sensibles à l’égalité de genre. Le 3e Baromètre national de l’égalité (Vaterlaus et al., 2024), sondage mandaté par la Conférence suisse des délégué·es à l’égalité (CSDE), s’est particulièrement intéressé aux représentations des jeunes (16-25 ans, dite la « génération Z »). L’enquête met en lumière des divergences dans les perceptions de l’égalité entre jeunes hommes et jeunes femmes : une part importante des jeunes hommes sondés estiment que l’égalité est déjà réalisée en Suisse, alors que les jeunes femmes formulent un jugement bien plus nuancé. Les jeunes hommes font également preuve d’« une approche plus conservatrice » (p. 1) sur les questions de genre que les générations précédentes qui se montrent plus sceptiques quant à la réalité d’une égalité effective. Est-ce un effet d’âge ou de génération ? La question reste ouverte. Toutefois, ces résultats nuancent l’idée d’un changement homogène au sein de la jeune génération et posent la question de l’incarnation de l’égalité des genres dans les pratiques quotidiennes, au-delà/en deçà des textes juridiques.

Parce que « les rapports sociaux de sexe continuent à agir » (Kergoat, 2012, p. 327), les mobilisations, massives depuis 2019 sur ces questions, se poursuivent, s’intensifient et pénètrent les institutions suisses. Elles ont par exemple amené à ce que les autorités portent une attention à l’influence du masculinisme[1] sur les garçons et les jeunes hommes. Ainsi, le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes, dans le cadre de sa Stratégie Egalité 2030, a publié le rapport Approches de prévention contre les représentations de la masculinité qui favorisent la violence (BFEG, 2024) et poursuit sa démarche en soutenant divers projets de recherche, d’action ou de prévention auprès de la jeunesse — comme le projet As de cœur présenté dans ce numéro par Magali Grossenbacher et al. L’intégration des enjeux spécifiques aux jeunes LGBTIQ+ se diffuse également, à travers notamment la création de postes dédiés au sein de certaines administrations publiques communales, cantonales et fédérales, et le développement d’outils visant à lutter contre l’homo-, la bi- et la transphobie. La contribution de Caroline Dayer dans ce numéro souligne l’urgence de réagir face aux violences dont sont victimes ces jeunes. Enfin, de nouveaux terrains d’action sont explorés et attendent d’être pleinement investis : c’est le cas de l’outil de la budgétisation sensible au genre qui permet, comme le présente Fiona Friedli dans ce numéro, d’analyser comment les processus budgétaires, les dépenses et recettes publiques, ont un impact en fonction du genre, en créant par exemple des inégalités dans l’accès aux activités de jeunesse.

L’héritage des normes et rôles de genre : une question complexe

Comment les enfants et les jeunes intègrent-iels les rôles, normes, stéréotypes et violences de genre ? Comment éviter de les reproduire au travers des différents processus de socialisation ? La socialisation renvoie à l’ensemble des mécanismes de transmission et d’incorporation de nos manières d’être, d’agir, de faire et de penser, qui sont situés socialement (Darmon, 2023, p. 6), mettant la focale sur l’acquis plutôt que l’inné. La socialisation est un processus continu qui dure tout au long de la vie. On distingue généralement la socialisation primaire — développée durant l’enfance avec comme vecteurs centraux les parents et l’école — et la socialisation secondaire — qui vient transformer ou renforcer les acquis de la socialisation primaire par l’intermédiaire d’une pluralité d’instances de socialisation (Darmon, 2023). La socialisation de genre — ou socialisation sexuée —, renvoie spécifiquement à l’incorporation de manières d’être, d’agir, de faire et de penser qui demeurent encore « socialement construites comme féminines ou masculines, [de] dispositions corporelles et mentales conditionnées par le genre assigné à la naissance et conçues sur une base binaire de “féminité” et de “masculinité” » (Monay, 2022, p. 44). La recherche féministe a montré la précocité de cette socialisation de genre par les parents et les institutions d’accueil de l’enfance. Dans les années 1970, l’enseignante et écrivaine italienne Elena Gianini Belotti soulignait par ses observations, dans Du côté des petites filles (1974), la force des conditionnements et attentes de conformisme genrées dès la naissance, à travers des pratiques aussi communes que l’allaitement. Aujourd’hui, la compréhension de la socialisation de genre s’est élargie à une multiplicité d’instances de socialisation : les parents, les crèches, l’école certes, mais aussi la famille élargie (fratrie et sororie, grands-parents, cousinage), les pairs, les médias, le sport, les institutions de loisirs fréquentées, etc. Cette multiplicité induit une diversité de contenus et de grilles de lecture quant au genre, qui ne sont pas forcément cohérentes entre elles et peuvent donc entrer en concurrence. Les parents — ou d’autres acteur·ricexs comme les professionnel·lexs de l’enfance — éprouvent des difficultés à élever les enfants dans un objectif égalitaire quand leurs « intentions socialisatrices » (Masclet, 2025, p. 24) se heurtent aux normes encore dominantes de séparation, différenciation et hiérarchisation des sexes. Ces situations peuvent être sources de frustration et d’impuissance tant pour les parents que pour les enfants, et ce d’autant plus lorsqu’il existe un décalage entre discours et pratiques chez les adultes ; ainsi, les parents peuvent prôner l’égalité de genre tout en reproduisant un partage des tâches domestiques très inégal. De quoi être perdu·ex…

La socialisation de genre ne se joue pas seule : elle s’inscrit dans un contexte social plus large et se combine avec d’autres dimensions, telle que l’appartenance de classe. Plusieurs travaux montrent que ces combinaisons — diverses — induisent des socialisations de genre spécifiques selon le milieu social[2]. Ainsi que le souligne Camille Masclet, l’égalité comme principe et le non-conformisme de genre sont plutôt valorisés dans les classes moyennes à supérieures ayant un large bagage de ressources culturelles (2025, p. 259). Cela n’empêche cependant pas des formes de dissonance cognitive chez les enfants, où se manifeste un décalage entre croyances, valeurs et comportements. Cette dissonance s’exprime clairement dans certains témoignages d’enfants présentés dans ce numéro : si, dans leurs discours, filles et garçons « peuvent tout faire », les jeux, les centres d’intérêt et les corps restent genrés, et les transgressions — comme mettre des pantoufles licornes roses pour un garçon ou jouer au football pour une fille — sont rappelées à l’ordre, minimisées ou incomprises. Les travaux de Bernard Lahire (2019) montrent que certain·exs enfants des classes moyennes et supérieures éduqué·exs aux discours progressistes sur le genre se heurtent parfois à des pratiques sociales très normées. Celles-ci prescrivent les territoires accessibles, les jeux autorisés, les amitiés et les amours possibles. Si certain·exs enfants ou jeunes développent des compétences critiques sur les normes de genre, comment vivent-iels la confrontation à des environnements sociaux ou contextes éducatifs plus traditionnels ? A l’inverse, comment les enfants ou jeunes éduqué·exs dans des milieux traditionnels expérimentent-iels des pratiques égalitaires dans des crèches ou à l’école ? Comment les adultes qui les éduquent, tant dans l’espace privé que dans l’espace public, réagissent-elles ou ils lorsque les enfants viennent bouleverser, voire confronter, leurs représentations du monde et leurs valeurs ? Ces questions sont abordées — bien qu’à la marge — dans les récits de professionnel·lexs et d’enfants, et ne peuvent trouver de réponse univoque, tant les instances socialisatrices sont nombreuses et hétérogènes. Face à cette multiplicité, il serait erroné de considérer les enfants comme simples « réceptacles » : iels sont aussi acteur·ricexs de ce processus. Plusieurs articles dans ce numéro mobilisent d’ailleurs de façon centrale le concept de l’enfant-acteur.

Révolte minuscule – Crrc

Des enfants et des jeunes « sous influence » ?

Ghislain Leroy (2020) relève qu’il existe deux grandes manières de concevoir et d’aborder la parole des enfants : soit en mettant l’accent sur leur agency, c’est-à-dire leur capacité de négociation, de réappropriation des normes, valeurs et modèles transmis, soit en mettant l’accent sur le poids des déterminismes sociaux[3], c’est-à-dire en donnant à lire les paroles enfantines comme le lieu d’un « recyclage » (Lignier & Pagis, 2017)[4]. Leroy (2020) rappelle que la prise en compte du poids des structures sociales n’est pas forcément contradictoire avec le concept d’agency. Il souligne d’ailleurs la « double facette » des processus socialisateurs en matière d’éducation : les instances et les personnes socialisatrices d’une part, et les personnes socialisées, leurs actions, trajectoires, expériences de ces processus d’autre part. Cette tension entre incorporation et agency est au centre de plusieurs contributions de ce numéro, notamment celle de Gentiane Moser qui révèle les stratégies genrées des enfants pour se faire entendre en situation de placement en Valais, ou celle d’Elodie Razy et al., portant sur des services de la petite enfance en Belgique francophone, qui invite à penser les conditions locales de réalisation de ce pouvoir d’agir des enfants quant aux rapports sociaux de sexe. Cette tension est d’autant plus visible lorsqu’il s’agit des identités de genre et des orientations sexuelles et/ou affectives : sur ces questions, la capacité des enfants et des jeunes à se penser par elleux-mêmes est souvent niée (Richard, 2024), car iels sont « encore trop jeunes », « influençables », « vulnérables ». Dès lors, les enfants et les jeunes sont tenu·exs à l’écart des contre-discours ou des contre-modèles, alors que les normes hétérocissexistes[5] dominent et structurent l’ensemble du cadre social.

Le rôle des professionnel·lexs

Parce qu’iels constituent des acteur·ricexs majeur·exs de socialisation des enfants et constituent des points de repère pour les jeunes, les professionnel·lexs, tant au niveau individuel que collectif, peuvent jouer un rôle central en matière d’égalité de genre (et plus largement). Plusieurs contributions de ce numéro, notamment l’interview de Geneviève Cresson, défendent l’importance de mettre en place « une démarche active et collective » dans la pratique professionnelle quotidienne à l’aide des lunettes de genre. Loin d’être facile, adopter une perspective de genre dans le travail avec les enfants et leurs proches repose sur un travail constant de « vigilance » et d’équilibriste afin d’éviter de reproduire les rapports sociaux de sexe et, cherchant à l’éviter, de stigmatiser d’une autre manière les filles ou les garçons, ainsi que d’autres catégories du monde social (ces « autres » que nous imaginons toujours « moins progressistes » que nous-mêmes). Cette réflexivité est illustrée dans ce numéro par le dialogue entre Cloé Vianin et Stéphanie Agustoni, une chercheuse et une professionnelle, qui explorent des pistes pour des pratiques plus inclusives dans le champ de l’enfance et de la jeunesse.

Cette réflexivité n’est pas une mince affaire au vu des contraintes et de la faible reconnaissance de ce travail auprès des enfants et des jeunes. Camille Megha Spurio analyse, dans son article, les conditions de travail genrées des professionnel·lexs des accueils parascolaires. Elle met en exergue la manière dont le modèle traditionnel de division sexuée du travail oriente les profils recrutés (la maternité), façonne les aspirations personnelles et les contrats de travail (le temps partiel pour les femmes) et contribue à l’invisibilisation des compétences requises. Développer des pratiques égalitaires dans les lieux d’accueil implique nécessairement de travailler sur de multiples fronts : les conditions de travail, la répartition des rôles et des tâches dans les équipes, les activités proposées aux différents publics, les liens tissés avec leurs proches, avec les collègues, la hiérarchie et le politique. Ce travail multifronts est d’autant plus fatigant qu’il se heurte parfois à de fortes résistances de la part des collègues, des parents, des responsables. Il demande aussi de redoubler d’efforts dans un contexte où les ressources temporelles, financières et collectives manquent cruellement : faire le choix d’appeler d’abord le père d’un·ex enfant malade tout en sachant qu’il risque de rediriger vers la mère ; convaincre les collègues qu’il s’agit de questions importantes ; prendre le temps d’encourager les enfants à s’essayer à d’autres jeux plutôt que laisser les automatismes s’installer (garçons-foot/filles-poupée), etc. Ce « travail de l’égalité » exige donc le soutien effectif des structures employeuses et des politiques publiques ; il repose par ailleurs sur un temps d’échange en collectif pour assurer une prise en charge cohérente au sein des équipes, entre les professionnel·lexs et les enfants, ainsi qu’avec les adultes qui les éduquent.

Cet ensemble de questions sur les pratiques professionnelles autour de l’égalité et de l’inclusion est travaillé depuis plusieurs années par le Réseau professionnel Genre & Jeunesse, de même que le réseau Genre & Travail social (GeTS) de la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne. Ce numéro est l’occasion de visibiliser des réflexions récentes tout en soulignant les tensions et points d’achoppement encore à explorer. Il n’aurait pu se faire sans la participation des auteur·ricexs et de leur riche contribution, des professionnel·lexs ayant réalisé les vignettes et des enfants ayant témoigné avec le concours de leur mère. Nous remercions également le Comité de rédaction de la Revue [petite] enfance, en particulier Michelle Fracheboud pour l’immense travail réalisé sur ce numéro, le Réseau Genre & Jeunesse ainsi que l’équipe du GeTS pour leur soutien à cette publication.

Bibliographie

Bereni, L., Chauvin, S., Jaunait, A. & Revillard, A. (2020). Introduction aux études sur le genre (3e éd.). De Boeck Supérieur.

BFEG. (2024). Approches de prévention contre les représentations de la masculinité qui favorisent la violence. Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes BFEG.

Blais, M. (2022). Masculinisme. Dans I. Poutrin, & E. Lusset (Eds.), Dictionnaire du fouet et de la fessée (pp. 496‑499). PUF.

Blöss, T. (Eds.). (2001). La dialectique des rapports hommes-femmes (2e éd). PUF. https ://doi.org/10.3917/puf.bloss.2001.02

Darmon, M. (2023). La socialisation (4e éd.). Armand Colin.

Gianini Belotti, E. (1974). Du côté des petites filles. Ed. des femmes — Antoinette Fouque.

Granié, M.-A. (2010). Effet de l’adhésion aux stéréotypes de sexe sur les comportements à risque accidentel chez les enfants préscolaires. Dans S. Croity-Belz, Y. Prêteur, & V. Rouyer (Eds.), Genre et socialisation de l’enfance à l’âge adulte (pp. 51‑62). Erès. https ://doi.org/10.3917/eres.rouye.2010.01.0051

Kergoat, D. (2012). Se battre, disent-elles. La Dispute.

Lahire, B. (2019). Enfances de classe. De l’inégalité parmi les enfants. Seuil.

Leroy, G. (2020). Les sociologies de l’enfance face à la parole enfantine, Recherches en éducation [En ligne], 39, http ://journals.openedition.org/ree/289 ; DOI : https ://doi.org/10.4000/ree.289

Lignier, W. & Pagis, J. (2017). L’enfance de l’ordre. Comment les enfants perçoivent le monde social. Seuil.

Masclet, C. (2025). Le féminisme en héritage. PUF.

Monay, S. (2022). «  Il n’y a pas de place pour les petites princesses  ». Sociologie de l’engagement volontaire féminin dans l’Armée suisse [Thesis, Université de Lausanne].

Richard, G. (2024). Protéger nos enfants. Binge Audio.

Vaterlaus, C., Bütikofer, S., Bühler, G., Croci, E., Odermatt, M. & Wenger, V. (2024). Baromètre national de l’égalité. Conférence suisse des délégué·e·s à l’égalité CSDE & Sotomo

[1] Le masculinisme représente « un courant antiféministe qui promeut l’idée selon laquelle les féministes ont occasionné une “crise de la masculinité” », dominent la société et ses différentes sphères, et induisent et/ou invisibilisent les discriminations contre les hommes (Blais, 2022, p. 496).

[2] Pour une synthèse, voir Darmon, 2023, pp. 43-47 ; et Bereni et al., 2020, pp. 89-154.

[3] Comment les structures sociales conditionnent ce que nous sommes et devenons.

[4] Les propos des enfants sont alors compris dans une logique de transfert de jugements et de raisonnements reçus dans certains espaces de socialisation qui sont mobilisés dans d’autres situations sociales : typiquement, dans ce numéro, les vignettes et témoignages d’enfants posant la question de savoir si les filles peuvent ou non faire du foot.

[5] Les normes hétérocissexistes renvoient au système de normes sociales dominantes qui hiérarchise les orientations sexuelles et affectives et les identités de genre, faisant de l’hétérosexualité et de la correspondance entre genre et sexe assigné à la naissance la norme. Ce système induit alors des représentations et des pratiques invisibilisantes, discriminantes, excluantes et violentes visant les personnes s’écartant de cette norme.

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