« Comment naître au monde après une enfance et une adolescence confisquées par le silence ? Avant même que ne s’abattent les violences ? Que ne se réalise la prise de conscience ? Comment n’être au monde que par omission, volontaire ou non, par privation de mots pour se nommer hors du néant ou de la honte ? D’images et de visages pour se (re)présenter ? » (Dayer, 2025, p. 207).
Le silence tue tout autant que les violences. Il s’agit ainsi de travailler sur les deux faces de la pièce pour contrer les violences et le silence, en articulant la prévention de ces dernières et des discriminations[1] ainsi que la promotion du respect, de la santé, de l’égalité et de la diversité.
Inscrire la prévention de l’homophobie et de la transphobie dans ces axes plus globaux permet d’utiliser la technique de l’ascenseur qui consiste à mettre en écho leurs spécificités avec des enjeux transversaux. Il s’agit également d’employer la technique de l’entonnoir pour passer du général au particulier et identifier les spécificités en jeu afin de dégager des pistes d’action.
Pour les personnes LGBTIQ, être soi ne va pas de soi
Pour les personnes LGBTIQ, être soi ne va pas de soi, notamment en raison de davantage de facteurs de risque et de moindres facteurs de protection (Dayer, 2022, 2025) — pouvant aller jusqu’à des tentatives de suicide, qui sont multifactorielles et significativement plus élevées, particulièrement chez ces jeunes.
Pour les professionnel·les, comment faire en sorte que des enfants et des jeunes n’aient pas à subir les rouages et l’engrenage d’une socialisation en négatif (Dayer, 2016) ? C’est-à-dire des processus d’invisibilisation et de silenciation d’une part, d’injonctions et de stigmatisation d’autre part. Comment se construire sans support d’identification, sans représentation inspirante ? Comment se développer contre l’incorporation des discriminations ? Potentiellement contre sa propre famille ? Comment se penser soi-même ? Panser l’indicible ? Comment se battre contre soi-même ? Se débattre contre la honte incorporée, apprise à son corps défendant, face aux assauts sociétaux ? Comment se voir dans le miroir sans pouvoir se voir dans le monde ? Se projeter dans l’avenir ?
Poser ces questions, c’est déjà commencer à y répondre, en les sortant de l’ombre. Pour que personne n’ait à grandir à côté de soi, en dehors de son corps, observant son existence dépossédée. Pour que le vide et le néant ne riment pas avec un sentiment de vigilance et de décalage omniprésent et constant.
Visibiliser et nommer, c’est faire exister
Le silence tue. Ne pas parler de cette diversité, c’est empêcher d’exister. De se nommer. De se (re)connaître. Nommer et visibiliser la diversité de genre et d’orientation affective et sexuelle permet de le faire.
Pour les professionnel·les de l’enfance et de la jeunesse, mobiliser l’angle de la pluralité des configurations familiales en faisant vivre également les familles arc-en-ciel revient à renforcer le sentiment d’appartenance de tout le monde — telle une boule à facettes activées ensemble permettant de penser l’impensé, de panser l’impensable. Par exemple, la mallette pédagogique « Familles arc-en-ciel »[2] propose des posters et une sélection d’ouvrages, des activités et des jeux en fonction de l’âge.
Il est également possible de s’outiller davantage, notamment à travers les livres Faire famille autrement de Gabrielle Richard (2022) et Familles queers de Marianne Chbat (2024) qui mettent en lumière la diversité des familles arc-en-ciel ou des familles queers, s’inscrivant elles-mêmes dans la pluralité des configurations familiales (Courduriès & Martial, 2024).
Visibiliser les thématiques LGBTIQ en regard de l’âge à travers des affiches et des autocollants, en parler dans le quotidien et les intégrer dans des exemples, mettre à disposition et/ou lire des albums enfance ou jeunesse, dessiner et bricoler, créer et jouer, dialoguer et faire participer sont des moyens de vivre la diversité — ce qui est bénéfique pour chacun·e. Raconter et inventer des histoires défie les stéréotypes, la puissance des récits permet d’ouvrir des narratifs, des imaginaires, des horizons. De ne pas mettre au placard certaines réalités. Nier les inégalités et les doubles standards revient à les reconduire.
Si le vide empêche de se nommer à soi (processus de coming in) et à autrui (les coming out), comment se dénommer hors du spectre des violences ? Comment se déployer quand les violences parlent de soi avant même de comprendre qui on est ? Comment prendre conscience de qui on est dans un système invisibilisant et stigmatisant en même temps ? Comment grandir quand de telles existences sont niées, voire reniées ? Violentées ?
(Ré)agir face aux violences
Plusieurs recherches populationnelles ont été réalisées par Unisanté dans le canton de Vaud auprès d’échantillons représentatifs de jeunes en onzième année (âge moyen de 15 ans) et de jeunes en deuxième année de formation postobligatoire (âge moyen de 18 ans). La dernière étude réalisée par Stadelmann et ses collègues (2024) permet non seulement de faire un état des lieux, mais aussi de dégager une perspective évolutive.
Selon cette recherche, les jeunes de la diversité OASIEGCS[3] représentent 17,9 % des 15 ans (23,7 % des filles et 10,7 % des garçons) et 23,2 % des 18 ans (33,2 % des filles et 13,1 % des garçons). En d’autres termes, il s’agit de près d’un cinquième des jeunes de 15 ans (1 personne sur 5 ; 100 élèves dans une école de 500) et près d’un quart de celleux de 18 ans (1 personne sur 4 ; 100 élèves dans une école de 400).
Le sentiment d’insécurité affecte leur quotidien. Les jeunes de la diversité OASIEGCS sont plus nombreuses et nombreux à vivre un sentiment d’insécurité à l’école ou sur le chemin de l’école, dans les transports publics le soir ou la nuit ainsi qu’un sentiment d’insécurité global. Celleux de 18 ans sont en outre plus nombreuses et nombreux à faire état d’un sentiment d’insécurité régulier dans le quartier d’habitation et dans les transports publics pendant la journée (Stadelmann et al., 2024). Aussi, ces jeunes sont davantage victimes de délits violents que leurs homologues et la différence est particulièrement marquée quant aux agressions sexuelles. Chez les 15 ans : 9,9 % versus 4,2 %. Chez les 18 ans : 21,8 % versus 8,4 %.
Les jeunes de la diversité OASIEGCS — quel que soit l’âge — sont systématiquement plus nombreuses et nombreux que leurs homologues à avoir été victimes de harcèlement sexuel, soit 71,7 % des jeunes de 15 ans de la diversité OASIEGCS versus 41,5 % et 78,4 % versus 46 % pour les jeunes de 18 ans ont entendu des blagues, commentaires obscènes, remarques dégradantes ou insultes au sujet des personnes LGBTI mettant mal à l’aise. 88,4 % versus 72,8 % chez les jeunes de 15 ans, et 93 % versus 76,7 % chez les jeunes de 18 ans, ont subi au moins une forme de harcèlement sexuel (hormis les comportements susmentionnés).
Concernant les phénomènes de harcèlement-intimidation entre élèves, les jeunes de la diversité OASIEGCS — quel que soit l’âge — en sont plus la cible que leurs homologues : 26,5 % versus 10,6 % chez les 15 ans et 12,1 % versus 5,8 % chez les 18 ans (Stadelmann et al., 2024).
Ces résultats corroborent les constats des recherches précédentes et montrent que les jeunes de la diversité OASIEGCS sont plus nombreuses et nombreux à éprouver un sentiment d’insécurité, à être la cible de harcèlement-intimidation entre élèves et victimes d’autres types de violences (telles que le brigandage ; le racket ; le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles avec un risque particulièrement élevé pour les personnes assignées au sexe « femme » à la naissance), et à évoluer dans un environnement scolaire perçu comme négatif.
En ce qui concerne la santé, toutes les variables (état de santé général, troubles somatiques et psychoaffectifs récurrents, dépressivité) sont significativement plus élevées chez les jeunes de la diversité OASIEGCS — quel que soit leur âge. Ainsi, chez les jeunes de la diversité OASIEGCS de 15 ans et de 18 ans, respectivement 34,2 % et 34,9 % ont un état de santé général moyen ou mauvais contre 13,3 % et 19,8 % de leurs homologues du même âge. Les jeunes de la diversité OASIEGCS de 18 ans affichent même un taux de 91,5 % quant aux troubles somatiques et psychoaffectifs récurrents, alors qu’il est de 82,9 % pour leurs homologues de 15 ans versus, respectivement, de 59 % et 67,1 % pour les jeunes ne faisant pas partie de la diversité OASIEGCS. Quant à la dépressivité, à 15 ans, elle concerne 63,7 % et, à 18 ans, 75,5 % des jeunes de la diversité OASIEGCS versus, respectivement, 38,9 % et 43,5 % de leurs homologues ne faisant pas partie de la diversité OASIEGCS (Stadelmann et al., 2024). Cette étude souligne également que l’appartenance à la diversité OASIEGCS conjuguée à l’assignation au sexe « femme » à la naissance sont associées à un risque encore plus élevé de présenter un moins bon état de santé (général, symptômes somatiques et psychoaffectifs récurrents, dépressivité) — quel que soit l’âge. Il s’agit par conséquent d’enjeux de santé publique.
En termes de posture professionnelle, le fait d’intervenir face aux violences est fondamental. Ne rien faire ne revient pas à faire rien : ne pas (ré)agir, c’est cautionner. Dans le chapitre « Méthodologie en arborescence » de l’ouvrage Le silence tue. Face aux violences : comment (ré)agir (Dayer, 2025), différentes pistes d’action — mobilisables avec des enfants, des jeunes ou des adultes — sont proposées en fonction des configurations, tout en soulignant l’importance des politiques publiques.
Référentiels partagés et partageables, cohérence et adaptabilité des messages
Pour les différentes raisons précitées et afin de répondre aux demandes récurrentes du terrain (notamment en termes de visibilité et de lisibilité), le Canton de Vaud, à travers le plan d’action du Département de la formation pour la prévention et le traitement de l’homophobie et de la transphobie dans les lieux de formation[4], met en œuvre un tel dispositif. Présenté le 17 mai 2021, il se fonde notamment sur l’identification de besoins concrets, sur des recherches scientifiques locales et internationales, ainsi que sur des bases juridiques. Il permet de valoriser le travail existant et se déploie de la scolarité obligatoire et postobligatoire jusqu’à l’enseignement supérieur, en se déclinant en trois axes :
- Garantir un environnement d’apprentissage et de travail exempt de discriminations et respectueux des personnes, quels que soient leur orientation affective et sexuelle, leur genre, leur configuration familiale.
- Prévenir les violences homophobes et transphobes ; promouvoir le respect envers les personnes LGBTIQ.
- Réagir face aux situations d’homophobie et de transphobie, et les traiter.
Ce dispositif vise également à protéger l’intégrité des élèves et des professionnel·les LGBTIQ ainsi que des familles arc-en-ciel. Les mesures de cette politique publique ont pour but de faire en sorte que chaque personne puisse apprendre et travailler dans un environnement non discriminatoire et soutenant. Sa structure est transposable dans d’autres contextes, en soulignant la nécessité de soigner la cohérence des messages auprès des enfants et des jeunes par les professionnel·les.
A travers la triade sexe-genre-sexualité
Une telle démarche bénéficie à tout le monde, d’autant plus que les LGBTIQphobies ne touchent pas uniquement les personnes directement concernées — plus du tiers des élèves se définissant comme hétéros sont en effet la cible d’homophobie (Chamberland et al., 2013). Le spectre des violences ratisse large et s’abat sur les personnes qui ne plient pas aux injonctions de genre.
Aborder ces enjeux à travers la triade sexe-genre-sexualité (Dayer, 2014/2025), en déployant une approche transdisciplinaire, contribue non seulement à distinguer et à relier les différentes violences et discriminations qui s’y rapportent, mais aussi à la mobiliser comme vecteur de réflexion et d’action pour toute personne.
Ce n’est donc pas, en soi, le sexe, le genre ou l’orientation affective et sexuelle — quels qu’ils soient et concernant tout le monde — qui est problématique, ce sont les discriminations sexistes, homophobes et transphobes qui sont structurelles et œuvrent comme des systèmes (sexisme, cissexisme, hétérosexisme), s’imbriquant à d’autres discriminations, telles que le racisme, le validisme ou le classisme, par exemple. Le pouvoir d’action des professionnel·les participe à fortifier la communauté éducative, à permettre aux enfants et aux jeunes de renforcer le leur et de grandir en confiance.
La diversité en droit d’exister ; « protéger » les enfants, c’est défendre leurs droits
Dans son ouvrage Protéger nos enfants, Gabrielle Richard (2024) analyse les différents écueils à cette expression galvaudée et même instrumentalisée. Elle souligne l’importance d’une éducation et d’une pédagogie critiques et anti-oppressives. Elle met en évidence que les enfants et les jeunes queers « sentent que leur parole et leurs sentiments ont moins d’importance que les projections des adultes ont pu faire sur leur avenir » (p. 92).
Par ailleurs, Baptiste Beaulieu (2024) soulève ces interrogations et ces défis, en parlant de lui-même : comment tes parents auraient-ils pu savoir « ce que, toi-même, tu n’arrivais pas à nommer en toi ? Tu devines déjà ce que tu es, ou plutôt ce que tu ressens dans ton cœur, dans ton ventre, ce vague sentiment d’intranquillité. […] Tu n’auras pourtant de cesse de combattre jusqu’à l’apaisement, c’est-à-dire, en ce qui te concerne, l’épuisement. […] Personne ne peut imaginer la marque indélébile qu’impriment en nous de tels silences » (p. 16).
Tu comprends surtout ce que tu n’es pas, ce à quoi tu ne corresponds pas. Il ne s’agit pas uniquement de faire en sorte que l’hétérocissexisme cesse de confisquer aux enfants queers leurs parents, mais également de confisquer à ces parents leurs enfants.
Défendre les droits de l’enfant est l’affaire de tout le monde et plusieurs leviers et bases légales sont mobilisables (Bagi & Dayer, [à paraître] ; FRA, 2024).
Dans le quotidien des professionnel·les, accueillir la parole et la prendre au sérieux, l’accompagner et la faire cheminer se révèle vital. Tout comme créer des environnements sécures et soutenants, signifier son désaccord face aux violences, montrer son soutien et incarner des figures fiables et inspirantes.
Caroline Dayer
Bibliographie
Bagi, R. & Dayer C. [A paraître]. Droits des jeunes LGBTIQ : protection et autodétermination.
Beaulieu, B. (2024). Tous les silences ne font pas le même bruit. L’Iconoclaste.
Courduriés, J. & Martial, A. (2024). La famille à l’œil nu. CNRS Editions.
Chamberland, L., Richard, G. & Bernier, M. (2013). Les violences homophobes et leurs impacts sur la persévérance scolaire des adolescent·es au Québec. Recherches et Educations, 8, 99-114.
Chbat, M., en collaboration avec Greenbaum, M. (2024). Familles queers. Récits et célébrations. Les Editions du remue-ménage.
Dayer, C. (2014/2017/2025). Sous les pavés, le genre. Hacker le sexisme suivi de Le pouvoir de l’injure. Guide de prévention des violences et des discriminations. Editions de l’Aube.
Dayer, C. (2015). Agir dès le plus jeune âge : quelle posture professionnelle face aux discriminations ? Revue [petite] enfance, 118, 12-21.
Dayer, C. (2016). Socialisation en négatif : des situations de vulnérabilité aux conditions d’apprentissage. Tréma — Revue internationale en sciences de l’éducation et didactique, 46, 51-61.
Dayer, C. (2022, 27 juin). (Ré)agir face à l’homophobie et la transphobie. REISO. https ://www.reiso.org/document/9213
Dayer, C. (2025). Le silence tue. Face aux violences : comment (ré)agir ? Editions de l’Aube.
FRA – European Union Agency for Fundamental Rights. (2024). LGBTIQ equality at a crossroads : progress and challenges.
https ://fra.europa.eu/sites/default/files/fra_uploads/fra-2024-lgbtiq-equality_en.pdf
Richard, G. (2022). Faire famille autrement. Binge audio.
Richard, G. (2024). Protéger nos enfants. Binge audio.
Stadelmann, S., Vonlanthen, J., Jotterand, M., Amiguet, M. & Bize, R. (2024). Victimation et délinquance chez les jeunes du canton de Vaud : situation des jeunes OASIEGCS en 2022. Lausanne, Unisanté — Centre universitaire de médecine générale et santé publique. https ://doi.org/10.16908/issn.1660-7104/362
Lexique (repris dans Dayer, 2025)
Sexe
Ensemble des caractéristiques biologiques (chromosomes, gonades, hormones, organes génitaux, etc.) qui font qu’une personne est considérée médicalement comme plutôt femelle, mâle ou intersexe. Bien que les enfants soient généralement assigné·es à une de ces catégories en fonction de l’apparence de leur anatomie externe uniquement, le sexe d’une personne est une combinaison d’un éventail de caractéristiques biologiques.
Genre
Le concept de genre — inscrit dans les études genre — permet d’analyser les rapports sociaux de sexes et les dynamiques de pouvoir qui les traversent, de décrypter le processus de bicatégorisation hiérarchisante entre les sexes et d’attributs qui leur sont associés — historiquement et géographiquement situés, qui produisent des inégalités et engendrent des attentes variant en fonction des époques et des lieux. Le genre renvoie à la construction sociale de ce qui est considéré comme masculin ou féminin dans un contexte donné. Il s’agit également d’un système qui attribue davantage de valorisation sociale à ce qui est considéré comme masculin au détriment de ce qui est considéré comme féminin.
Les rôles de genre correspondent à l’attribution sociale d’étiquettes prétendument masculines ou féminines concernant des activités (par exemple : jouer au foot, faire le ménage, etc.).
L’expression de codes sociaux considérés comme masculins ou féminins réfère à l’expression de genre (par exemple : apparence en lien avec les vêtements, les cheveux, le maquillage, etc.).
L’identité de genre renvoie au genre ressenti par la personne, qui peut être congruent ou non avec le sexe assigné à la naissance (cisgenre, transgenre, non binaire, fluide, agenre, etc.).
Une personne cisgenre se reconnaît dans le sexe assigné à la naissance. Une personne trans ne se reconnaît pas dans le sexe assigné à la naissance. Elle peut souhaiter ou non réaliser une transition qui peut comprendre différentes formes (transition sociale, légale, corporelle, etc.). Une personne non binaire ne se sent pas, ou pas totalement, en congruence avec le sexe assigné à la naissance et ne se reconnaît pas dans la construction binaire du genre.
Orientation affective et sexuelle
Notion utilisée pour décrire l’attirance émotionnelle, sentimentale d’une part et l’attirance sexuelle, érotique d’autre part d’une personne (hétérosexuelle, lesbienne, gay, bisexuelle, pansexuelle, asexuelle, etc.), qui peuvent ou non se recouper.
OASIEGCS
Sigle pour orientation affective et sexuelle, identité et expression de genre, caractéristiques de sexe.
Personnes LGBTIQ
Ce sigle désigne les personnes lesbiennes, gays, bis, trans, intersexes, queer, en questionnement.
Queer
Il existe plusieurs acceptions de queer, qui varient dans le temps et dans l’espace. Sa racine indo-européenne signifie « à travers ». Queer désigne en anglais ce qui est « bizarre », « étrange » et a été repris sous forme d’injure homophobe avant de retrouver son sens initial dans une optique subversive et créative. Queer peut fonctionner comme un terme parapluie pour les personnes qui ne se reconnaissent pas dans les constructions binaires relatives au sexe, au genre et à la sexualité, qui s’identifient à une orientation sexuelle et affective ou à une identité de genre hors catégorie ou fluide. La perspective queer renvoie non seulement à la remise en question de ces constructions binaires et hiérarchisées, mais souligne également la diversité des orientations sexuelles et affectives ainsi que des identités et expressions de genre. Les études queers sont aussi un champ scientifique de recherches interdisciplinaires. Le mouvement queer s’inscrit dans une démarche politique et critique des systèmes d’oppression.
Famille arc-en-ciel
Famille dans laquelle au moins un·e parent se définit comme une personne lesbienne, gay, bisexuelle, trans, intersexe, queer.
Homophobie
Toute forme d’invisibilisation, de déni, de crainte, de stéréotypage, de dévalorisation, de mépris, de rejet, d’hostilité, de stigmatisation, de haine, de discrimination, de violence à l’égard de l’homosexualité et/ou des personnes qui ne sont pas hétérosexuelles ou qui sont perçues comme telles.
Transphobie
Idem à l’égard de la transidentité et/ou des personnes qui ne sont pas cisgenres ou qui sont perçues comme telles.
LGBTIQphobies
Idem à l’égard des thématiques LGBTIQ et/ou des personnes LGBTIQ ou qui sont perçues comme telles.
Hétérosexisme
Système d’oppression qui hiérarchise les sexualités en postulant la supériorité et la promotion de l’hétérosexualité. Il part du principe que toute personne est hétérosexuelle. Il invisibilise et délégitime les autres formes d’orientation affective et sexuelle. Il s’articule à d’autres discriminations.
Cissexisme
Système d’oppression qui hiérarchise les identités de genre en postulant la supériorité et la promotion des personnes cisgenres. Il part du principe que toute personne est cisgenre. Il invisibilise et délégitime les autres formes d’identité de genre. Il s’articule à d’autres discriminations.
[1] Se référer à l’article de Caroline Dayer (2015) dans cette même revue : Agir dès le plus jeune âge : quelle posture professionnelle face aux discriminations ? https ://revuepetiteenfance.ch/agir-des-le-plus-jeune-age-quelle-posture-professionnelle-face-aux-discriminations/
[2] https ://www.regenbogenfamilien.ch/fr/mallette-familles-arc-en-ciel/
[3] Orientation affective et sexuelle, identité et expression de genre, caractéristiques de sexe, voir lexique en fin d’article.
[4] Etat de Vaud (17 mai 2021), Lutte contre l’homophobie et la transphobie dans les lieux de formation. Site officiel du Canton de Vaud, consulté le 20 juin 2025 sur https ://www.vd.ch/actualites/communiques-de-presse-de-letat-de-vaud/detail/communique/lutte-contre-lhomophobie-et-la-transphobie-dans-les-lieux-de-formation-1621238176/
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