Prends soin de mon doudou

Projet de mobilisation visant Ă  initier une rĂ©flexion et un agir participatif Ă  propos de la prise en charge de l’enfant dans le canton de NeuchĂątel

PrĂ©sentation du collectif « Prends soin de mon doudou » formĂ© de professionnel·le·s et visant Ă  dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts des usagĂšres et des usagers Ă  la suite du changement de paradigme instaurĂ© par le Conseil d’Etat neuchĂątelois dans le cadre de sa prise en charge de l’enfance.

Contexte politique et répercussions sur le terrain

Depuis quelques annĂ©es et de maniĂšre rĂ©guliĂšre, le Canton de NeuchĂątel effectue des mesures d’économies afin d’équilibrer ses finances. Celles-ci touchent principalement les domaines de l’éducation, de la santĂ©, du social, de la culture, voire le domaine de la fonction publique. Fin 2017, le Conseil d’Etat neuchĂątelois rend public son programme de lĂ©gislature 2018-2021 qui ne prĂ©voit pas moins de 41 mesures d’économies (Conseil d’Etat neuchĂątelois, 2017).

ParallĂšlement, le Conseil d’Etat annonce un changement de paradigme dans le cadre de sa politique de prise en charge de l’enfance, afin de se rapprocher des statistiques de placement des autres cantons romands, de « moderniser » son dispositif, de respecter au mieux « le bien-ĂȘtre supĂ©rieur de l’enfant » consacrĂ© par la Convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l’enfant et, enfin, ou surtout, afin d’économiser trois millions de francs. Cette rĂ©forme telle que prĂ©sentĂ©e et argumentĂ©e permettrait donc de faire mieux en dĂ©pensant moins.

Dans les faits, cela signifie que le Canton de NeuchĂątel passera de 48 Ă  16 lits en institution pour les enfants dĂšs la naissance, cela dans un dĂ©lai de trois ou quatre ans (les informations donnĂ©es quant au calendrier de la rĂ©forme sont contradictoires). Le Canton favorisera en outre les mesures ambulatoires ou le placement en familles d’accueil non professionnelles.

Les professionnel·le·s de l’enfance s’accordent pour dire qu’il est primordial que le Canton amĂ©liore sa politique de prise en charge de l’enfance, en dĂ©veloppant des mesures ambulatoires et en Ă©tayant son rĂ©seau de familles d’accueil, de maniĂšre Ă  pouvoir offrir, lorsque la situation le permet, une alternative au placement en institution, mais ces professionnel·le·s dĂ©plorent la maniĂšre dont la rĂ©forme est rĂ©flĂ©chie et menĂ©e.

Ils et elles regrettent ainsi le manque de transparence et de communication de la part des dĂ©cideurs et des dĂ©cideuses, le fait qu’aucune Ă©tude sĂ©rieuse sur les besoins rĂ©els des enfants n’ait Ă©tĂ© menĂ©e, que la comparaison avec les autres cantons romands se limite aux statistiques, que les nouvelles mesures soient alternatives plutĂŽt que complĂ©mentaires, que le stationnaire se voie mis en opposition avec l’ambulatoire, alors que l’élaboration d’un tissage entre les deux serait plus fructueux, que les terrains n’aient pas Ă©tĂ© consultĂ©s et, finalement, que le calendrier de mise en Ɠuvre de la rĂ©forme soit si imprĂ©cis et si court.

Les professionnel·le·s sont en effet d’avis qu’un tel changement de paradigme ne peut se faire qu’avec le temps et la rĂ©flexion nĂ©cessaires Ă  de telles Ă©volutions, en fonction des rĂ©alitĂ©s des terrains, progressivement, avec comme premiĂšre Ă©tape le dĂ©veloppement et l’évaluation des mesures ambulatoires et des familles d’accueil. Au surplus, les professionnel·le·s voient mal comment la rĂ©forme, obĂ©issant prioritairement Ă  une urgence Ă©conomique, pourrait se dĂ©rouler sans que cela se rĂ©alise au dĂ©triment des enfants et de leurs familles, si certaines prĂ©cautions ne sont pas prises.

TrĂšs vite, sur les terrains, les rĂ©percussions de ce changement se font ressentir. La prĂ©cipitation entraĂźne incohĂ©rences, inquiĂ©tudes, mal-ĂȘtre et sentiment d’impuissance. Quasiment coĂ»te que coĂ»te et pour un maximum de situations, il est dorĂ©navant capital de substituer les mesures ambulatoires ou le placement en familles d’accueil non professionnelles au placement en institution, mĂȘme si dans les faits, une autre dĂ©cision serait plus indiquĂ©e. La volontĂ© de lĂ©gitimer le changement de paradigme semble prendre une importance plus grande que les autres intĂ©rĂȘts en prĂ©sence, en l’occurrence ceux des usagers et des usagĂšres.

Naissance du collectif « Prends soin de mon doudou » et Ă©laboration d’un projet participatif

En janvier 2019, dans un contexte devenu encore plus complexe, un groupe de professionnel·le·s (environ dix-huit personnes), dont je fais partie, se rencontrent Ă  plusieurs reprises afin de dĂ©battre de la situation. Cette phase de « conscientisation » (Fumeaux, 2018, communication ­personnelle[1]) prend du temps, car il s’agit de vivre et d’élaborer ses Ă©motions, de prendre de la distance et d’analyser une situation que les pragmatistes amĂ©ricains qualifieraient de « problĂ©matique » (Dewey, 1938, citĂ© dans CefaĂŻ, 2016). Nous Ă©changeons sur nos valeurs et nos craintes respectives, nous tentons Ă©galement de comprendre, pour certains et certaines, comment le systĂšme fonctionne en termes de politiques publiques. Qui dĂ©cide quoi, comment et pourquoi ? A partir de ces discussions, un groupe de six personnes particuliĂšrement intĂ©ressĂ©es Ă  agir se crĂ©e car, Ă  divers degrĂ©s, nous sommes fatigué·e·s de cette succession de coupes qui pĂ©nalisent plus encore les personnes dĂ©jĂ  vulnĂ©rables. Usé·e·s par un sentiment d’impuissance qui se dĂ©veloppe, inquiets et inquiĂštes de constater que ces dĂ©gradations surviennent sans jamais susciter de vĂ©ritable opposition, convaincu·e·s qu’il est de notre devoir de travailleurs et de travailleuses sociales de dĂ©fendre les usagers et les usagĂšres auprĂšs des dirigeant·e·s et d’agir contre la dĂ©professionnalisation qui dĂ©coule de ces mesures, nous tentons de constituer une espĂšce de contre-pouvoir, d’« espace public oppositionnel » (Negt, 2009 ; Gwiadzinski, 2016).

Au fil des rencontres et en nous inspirant de nos expĂ©riences passĂ©es, de notre intuition, de la littĂ©rature sur les mouvements sociaux ainsi que de la mĂ©thodologie de projet participative enseignĂ©e notamment au Master en Travail social, le collectif « Prends soin de mon doudou » se crĂ©e. Nous rĂ©flĂ©chissons aux valeurs qui nous mettent en mouvement, aux finalitĂ©s que nous souhaitons atteindre, Ă  la meilleure dĂ©marche pour y parvenir, aux ressources dont nous disposons et Ă  la maniĂšre d’acquĂ©rir celles qui nous manquent. Cela nous permet de conceptualiser un projet participatif s’articulant sur deux axes qui se nourrissent mutuellement ou, d’un point de vue systĂ©mique, qui interagissent l’un avec l’autre. Nous souhaitons, d’une part, sensibiliser la population Ă  la rĂ©forme annoncĂ©e en crĂ©ant des films d’animation et/ou des podcasts (axe 1) et, d’autre part, amener les professionnel·le·s des divers secteurs concernĂ©s – qui dans leur pratique quotidienne ne se rencontrent pas beaucoup – et les citoyen·ne·s Ă  mutualiser leurs rĂ©alitĂ©s respectives, dans le but de crĂ©er des synergies, des solidaritĂ©s et un savoir rĂ©solument collectif et interdisciplinaire (axe 2). un savoir en tant qu’il donne un pouvoir d’action » (CefaĂŻ, 2016, p. 28).

Dans l’idĂ©al, nous aimerions que ce savoir donne envie aux citoyen·ne·s et aux divers·e·s professionnel·le·s d’agir – ou comme le dirait Hannah Arendt – de surgir dans l’espace public (Leméteil, 2017), par le biais de nouveaux films d’animation, podcasts (ou autres actions qui auraient du sens pour les participant·e·s) de manière à ĂȘtre invité·e·s à « s’asseoir à la table des négociations » (Alinsky, 2012).

A ce stade, nous ne fixons aucune revendication claire. En effet, si des demandes Ă  l’égard de l’Etat devaient ĂȘtre formulĂ©es, celles-ci Ă©mergeraient des diffĂ©rents professionnel·le·s Ă  travers le processus participatif mis en place. Nous souhaitons ainsi crĂ©er un « conflit dĂ©mocratique », faire naĂźtre une discussion, rassembler les acteurs de la sociĂ©tĂ© civile pour vivre un processus d’« organisation communautaire » (Alinky, 2012), et non proposer un contre-projet politique qui serait prĂ©pensĂ© et prĂ©rĂ©flĂ©chi par le seul biais de ses initiateurs et de ses initiatrices.

Concrétisation et évaluation du premier axe du projet participatif

AprĂšs avoir longuement rĂ©flĂ©chi et discutĂ© de la dĂ©marche, nous nous lançons finalement dans la concrĂ©tisation du projet et, plus spĂ©cifiquement, au cƓur de l’axe de « sensibilisation » (axe 1). A partir d’un texte Ă©crit par un membre du collectif, nous crĂ©ons un film d’animation en Stop motion (technique d’animation utilisĂ©e avec des objets rĂ©els, dotĂ©s de volume) pour expliquer en quoi la rĂ©forme telle que prĂ©vue ne nous paraĂźt pas adĂ©quate. ParallĂšlement, nous rendons le collectif visible sur les rĂ©seaux sociaux, crĂ©ons des dĂ©pliants et des autocollants, ainsi qu’un site internet, (https ://prendssoindemondoudou.webself.net) dans le but de faire connaĂźtre le mouvement et sa dĂ©marche. Le 28 avril 2019, nous sortons notre film d’animation (https ://www.youtube.com/watch ?v=OqaQSW_6N-U&t=34s) et, grĂące Ă  ces diffĂ©rents supports ainsi qu’au bouche-Ă -oreille, la vidĂ©o tourne rapidement.

Tant sur les rĂ©seaux sociaux que sur notre site web, nous crĂ©ons des sections participatives. Nous encourageons les citoyen·ne·s Ă  parler du mouvement qui s’est créé, Ă  prendre contact avec nous, Ă  rĂ©agir en commentaires ou par mail, Ă  donner leur avis, leurs idĂ©es, ou Ă  nous demander des supports publicitaires. Quelques personnes nous demandent des dĂ©pliants et/ou des autocollants, demandent si elles peuvent participer financiĂšrement ; mais nous n’atteignons cependant et malheureusement pas le degrĂ© de participation citoyenne espĂ©rĂ©. En revanche, quelques professionnel·le·s nous contactent afin de nous rencontrer pour Ă©changer, voire envisager une collaboration. De plus, quelques mĂ©dias relaient le mouvement par le biais d’articles.

AprĂšs quelques jours, nous nous retrouvons pour une Ă©valuation participative de cette premiĂšre action et pour envisager la suite. Alors que d’habitude nous rĂ©flĂ©chissons, dĂ©battons et dĂ©cidons tous ensemble (« participation » et « communication », Ninacs, 2008) de maniĂšre trĂšs fluide, sans faire face Ă  des questions qui nous divisent fondamentalement, nous nous heurtons, au moment de dĂ©cider de l’étape suivante du projet, Ă  une situation de dĂ©saccord. Alors que les un·e·s souhaitent poursuivre avec l’axe 1, rendre visibles d’autres aspects de la problĂ©matique afin de mobiliser plus encore les citoyen·ne·s en prolongeant cette Ă©tape, les autres dĂ©sirent plutĂŽt quitter le virtuel et sa « liquidité » (Baumann, 2000), et s’enraciner dans la rĂ©alitĂ© en organisant une premiĂšre soirĂ©e de rencontre afin de dĂ©buter l’axe 2. De part et d’autre, les arguments fusent pendant de longues heures, jusqu’à ce que nous trouvions la voie, tantĂŽt du compromis, tantĂŽt du consensus.

PremiĂšre concrĂ©tisation de l’axe 2 du projet participatif et dilemmes soulevĂ©s

Finalement, nous dĂ©cidons, d’une part, d’organiser une rencontre « participative » avec les personnes qui ont contactĂ© le collectif et/ou se sont montrĂ©es intĂ©ressĂ©es par la dĂ©marche, et, d’autre part, nous dĂ©cidons de ne pas annoncer publiquement la tenue de la soirĂ©e. De fait, les personnes prĂ©sentes sont plutĂŽt des professionnel·le·s Ɠuvrant dans diffĂ©rents domaines du champ de l’enfance et de l’adolescence ou dans des domaines connexes. Pour cette soirĂ©e, nous prĂ©parons diffĂ©rents outils d’animation, mais restons flexibles Ă©galement, de maniĂšre Ă  pouvoir nous adapter aux besoins des participant·e·s et Ă  ce qu’il se passe dans l’instant. Nous effectuons un tour de table – sorte de deuxiĂšme phase de conscientisation – et nous nous apercevons que les rĂ©alitĂ©s, inquiĂ©tudes et ressentis de chacun·e·s, sont trĂšs similaires. Enfin, nous Ă©laborons quelques pistes et idĂ©es pour continuer ensemble le projet. Quelques participant·e·s font part, lors de cette soirĂ©e, d’une certaine rĂ©ticence quant Ă  la forme « participative » du projet. En effet, pour ces derniers et ces derniĂšres, il serait plus adĂ©quat d’agir plus concrĂštement en investissant, par exemple, une piste politique. En effet, la rĂ©forme avance vite, les fermetures d’institutions ont dĂ©jĂ  cours alors que la « participation », elle, requiert du temps. Nous accueillons la remarque, car il est vrai que nous nous retrouvons dans un enjeu temporel de poids. Cependant, pour le collectif, le processus participatif du projet, les richesses qu’il gĂ©nĂšre ainsi que les situations d’empowerment qu’il permet est tout aussi important que le rĂ©sultat escomptĂ© Ă  court terme.

Nouveaux partenariats et Ă©mergence d’une action collective

Le collectif « Prends soin de mon doudou » multiplie ensuite les Ă©changes et les rencontres et contacte diffĂ©rentes associations et personnes qui bĂ©nĂ©ficient d’une lĂ©gitimitĂ© politique ainsi que d’une expĂ©rience dont le collectif ne dispose pas. Cela permet au collectif de susciter plus encore la participation, de trouver des partenaires prĂ©cieux et prĂ©cieuses, et de dĂ©velopper de nouvelles idĂ©es.

En octobre 2019, le collectif dĂ©cide d’organiser une deuxiĂšme sĂ©ance avec les personnes qui ont participĂ© Ă  la premiĂšre rencontre et celles qui ont rejoint le processus en cours de route. Le but de cette rencontre est de synthĂ©tiser les rĂ©percussions concrĂštes de la rĂ©forme et d’écrire un rapport Ă  destination, notamment, des dĂ©puté·e·s au Grand Conseil. Une quarantaine de citoyen·ne·s et de professionnel·le·s provenant toutes et tous de domaines divers et variĂ©s (mĂ©dical, scolaire, social) rĂ©pondent favorablement Ă  l’invitation. Nous bĂ©nĂ©ficions dĂšs lors d’un regard pluriel sur les questions de fond que la rĂ©forme pose, ainsi que sur les difficultĂ©s et les prĂ©occupations qu’elle engendre dans les diffĂ©rents secteurs. A cette occasion, en outre, l’idĂ©e de mettre sur pied une action collective visant Ă  prĂ©senter le collectif et sa dĂ©marche aux dĂ©puté·e·s avant qu’ils et elles reçoivent le rapport afin d’éveiller leur intĂ©rĂȘt Ă©merge et reçoit un accueil favorable. Au surplus, c’est aussi l’occasion pour le collectif et ses participant·e·s de se dĂ©couvrir dans un autre contexte, de remettre du mouvement dans la dĂ©marche et de recevoir une certaine forme de publicisation.

Le 3 dĂ©cembre 2019, nous nous retrouvons donc devant le ChĂąteau de NeuchĂątel pour accueillir les dĂ©puté·e·s au Grand Conseil qui se rassemblent pour voter le budget 2020. En adoptant une posture lĂ©gĂšre, nous prĂ©sentons briĂšvement le collectif et leur offrons un doudou avec le message symbolique d’en prendre soin. Puis, en juin 2020 et aprĂšs relecture, nous finalisons le rapport et le transmettons. Nous ne recevons pas de rĂ©ponse officielle, mais constatons nĂ©anmoins, dans les faits, quelques changements. En effet, une commission parlementaire est instituĂ©e pour analyser le dĂ©roulement de la rĂ©forme et le Centre interfacultaire en droits de l’enfant de l’­UniversitĂ© de GenĂšve (CIDE) est, quant Ă  lui, mandatĂ© pour effectuer un bilan de la rĂ©forme. Ce dernier s’est d’ores et dĂ©jĂ  prononcĂ© quant au temps imparti pour opĂ©rer le changement de paradigme, qu’il juge, comme les professionnel·le·s, insuffisant. Le DĂ©partement de l’éducation et de la famille (DEF) annonce d’ailleurs par communiquĂ© de presse le 4 dĂ©cembre 2020, que le dĂ©lai pour la suppression des 32 lits en internat sera rallongĂ© de six mois et prendra donc effet, non pas Ă  l’étĂ© 2021 mais Ă  la fin de l’annĂ©e. Pour les professionnel·le·s, ce n’est finalement qu’une victoire en demi-teinte, car ce dĂ©lai est octroyĂ© faute de pouvoir faire autrement et non pour mieux penser l’articulation de la rĂ©forme, adoucir la transition et ĂȘtre en meilleure adĂ©quation avec les besoins des enfants et de leurs familles. En outre, ce dĂ©lai prolonge le climat d’incertitude et l’impossibilitĂ© de penser Ă  long terme. Toutefois, quelque chose se passe, et il reste pour le collectif « Prends soin de mon doudou » et ses partenaires des pistes Ă  envisager ainsi que de l’énergie Ă  dĂ©ployer.

Conclusion

Le projet tel qu’imaginĂ© initialement par le collectif « Prends soin de mon doudou » s’est vu transformĂ© et remodelĂ© au grĂ© du temps, en fonction des intĂ©rĂȘts des participant·e·s, des diffĂ©rentes Ă©tapes du projet, du temps Ă  disposition et, enfin, en fonction des « retours » de la rĂ©alitĂ©. Ainsi, notre souhait de continuer la sensibilisation des citoyen·ne·s en rĂ©coltant d’autres tĂ©moignages et en crĂ©ant, Ă  partir de ces derniers, de nouveaux films d’animation et/ou des podcasts (axe 1) n’a pas – ou pas encore – eu lieu. La participation a pris forme et vie Ă  un autre endroit du projet et il a semblĂ© au collectif qu’il fallait la soutenir, peu importe oĂč elle se trouvait.

Il est compliquĂ© de savoir ce que le collectif « Prends soin de mon doudou » a entraĂźnĂ© comme changements concrets dans le dĂ©roulement de la rĂ©forme. Nous pouvons nĂ©anmoins affirmer que le collectif a rĂ©ussi Ă  fĂ©dĂ©rer et Ă  porter les voix de certain·e·s professionnel·le·s qui n’arrivaient pas jusqu’aux dĂ©cideurs et aux dĂ©cideuses, voire Ă  devenir un des interlocuteurs principaux sur la question de la rĂ©forme. ·les des divers secteurs, le collectif a Ă©galement et probablement permis de crĂ©er des solidaritĂ©s, ainsi qu’un « ailleurs » propice Ă  Ă©largir les perspectives, Ă  uniformiser l’information ainsi qu’à coconstruire un savoir qui circule.

Enfin, ce projet qui nous a fait agir Ă  partir de notre place stratĂ©gique de travailleurs et de travailleuses sociales, ou comme dirait Yann Le BossĂ©, comme « les gonds d’une porte » (Le BossĂ©, 2015), nous aura Ă©galement offert la possibilitĂ© de nous frayer un sentier hors des sentiments de lassitude et d’impuissance.

Par Laura Luginbuhl, Travailleuse sociale et étudiante au sein de la filiÚre Master of Arts HES-SO en travail social

Bibliographie

Alinsky, Saul (2012), Etre radical, Les Editions Aden, Bruxelles.

Baumann, Zygmunt (2000), Liquid Modernity. Récupéré de https ://giuseppecapograssi.files.wordpress.com/2014/01/bauman-liquid-modernity.pdf

CefaĂŻ, Daniel (2016), Publics, problèmes publics, arènes publiques… », Questions de communication, N°30, pp. 25-64. doi : 10.4000/questionsdecommunication.10704

Convention relative aux droits de l’enfant. New York le 20 novembre 1989 : RS : 0.107. Récupéré le 25 fĂ©vrier 2021 de https ://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983207/index.html

Conseil d’Etat du canton de NeuchĂątel (2017), Détail des mesures du plan financier de législature. Récupéré de https ://www.ne.ch/autorites/CE/PL/Documents/2017_12_01_PL18- 21_Detail_mesures_PFL_VF.pdf

Le Bossé, Yann (2015), « Ils ne savent pas qu’ils savent » – Rencontre publique avec Yann Le Bossé. Vidéo en ligne. Récupéré de https ://www.youtube.com/ watch ?v=f3dOEDL60P0&t= 939s

LemĂ©teil, Elisabeth (2019), « Arendt (Hannah) » In Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics. Récupéré le 9 janvier 2020 de http ://publictionnaire.huma-num.fr/notice/arendt-hannah/

Negt, Oskar (2009), L’espace public oppositionnel aujourd’hui. Associations Multitudes 4, (39), 190-195. RĂ©cupĂ©rĂ© de https ://www.cairn.info

Ninacs, William A. (2008), Empowerment et intervention, Les Presses de l’Université Laval, QuĂ©bec.

 

[1]-Fumeaux, Nicole (2018). Méthodologie de projets. Master en travail social : Lausanne.

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